24 avril 2009
T’as pas peur… ?
Voici le merveilleux message d’amour que j’entends du haut de mon échelle.
Serait-ce pour la gentille araignée que je m’apprête à déranger ?
Que nenni ! « On » me concocte le joli plan de l’écrabouillage au sol, rien que ça !
Si j’ai le malheur de dire que je n’ai pas peur, « On » me répondra que je devrai avoir peur.
Je finis par dire que j’ai peut-être un peu peur pour ne pas passer pour un malotru.
Avec cette nouvelle peur chevillée au corps je rejoins la grande cohorte des gens qui ont peur.
Pour être dans le bon ton, je rajoute : « N’as-tu pas peur d’être si près d’une échelle,
alors que je suis dessus ? Une échelle, finalement, est faite pour être montée..
Aussi surprenant que cela puisse paraître, le transmetteur de peur n’a jamais peur.
Cela me fait un peu peur. La peur de ma compagne sauva l’araignée d’une mort cruelle.
Celle-ci a-t-elle eu peur de la personne qui m’a fait peur ?
Cette peur l’a peut-être sauvée, mais moi, je reste sur ma peur.
Puisqu’il faut avoir peur, allons-y gaiement sur nos routes, lieu de grande peur parmi toutes.
La peur d’y mourir est grande, juste après le lit qui est vraiment mortel.
La peur sait être individuelle mais aussi collective.
Nous savons avoir peur « des autres » pour oser inventer la « tolérance zéro », cette tolérance
qui ne peut supporter aucun chiffre. Comme cela ne suffit pas, « le principe de précaution »
vient renforcer le dispositif. Il y est dit qu’il ne faut pas monter sur une échelle pour chasser
une araignée, sinon, tout le monde aura peur.
« T’as pas peur », me fait très peur, mais quand je dis que j’ai peur, tout le monde veut
que j’arrête tout,
alors que la peur ne m’a jamais fait peur. Que faire ?
Merci de plus jamais me dire : « T’as pas peur… ? ».
Merci mille fois.