24 avril 2009
T’as pas peur… ?
Voici le merveilleux message d’amour que j’entends du haut de mon échelle.
Serait-ce pour la gentille araignée que je m’apprête à déranger ?
Que nenni ! « On » me concocte le joli plan de l’écrabouillage au sol, rien que ça !
Si j’ai le malheur de dire que je n’ai pas peur, « On » me répondra que je devrai avoir peur.
Je finis par dire que j’ai peut-être un peu peur pour ne pas passer pour un malotru.
Avec cette nouvelle peur chevillée au corps je rejoins la grande cohorte des gens qui ont peur.
Pour être dans le bon ton, je rajoute : « N’as-tu pas peur d’être si près d’une échelle,
alors que je suis dessus ? Une échelle, finalement, est faite pour être montée..
Aussi surprenant que cela puisse paraître, le transmetteur de peur n’a jamais peur.
Cela me fait un peu peur. La peur de ma compagne sauva l’araignée d’une mort cruelle.
Celle-ci a-t-elle eu peur de la personne qui m’a fait peur ?
Cette peur l’a peut-être sauvée, mais moi, je reste sur ma peur.
Puisqu’il faut avoir peur, allons-y gaiement sur nos routes, lieu de grande peur parmi toutes.
La peur d’y mourir est grande, juste après le lit qui est vraiment mortel.
La peur sait être individuelle mais aussi collective.
Nous savons avoir peur « des autres » pour oser inventer la « tolérance zéro », cette tolérance
qui ne peut supporter aucun chiffre. Comme cela ne suffit pas, « le principe de précaution »
vient renforcer le dispositif. Il y est dit qu’il ne faut pas monter sur une échelle pour chasser
une araignée, sinon, tout le monde aura peur.
« T’as pas peur », me fait très peur, mais quand je dis que j’ai peur, tout le monde veut
que j’arrête tout,
alors que la peur ne m’a jamais fait peur. Que faire ?
Merci de plus jamais me dire : « T’as pas peur… ? ».
Merci mille fois.
14 avril 2009
Quand la nostalgie nous tient !
Nous nous apprêtons à instituer un numéro de département « faux » qui restera sur la voiture.
Franchement, nous devrions prendre le numéro « 00 » pour éviter que le faux ne l’emporte sur le vrai.
En Suisse, les plaques sont personnelles et correspondent presque à l’année de naissance.
Un petit livret s’achète en librairie pour connaître le nom et l’adresse du propriétaire de la voiture.
Est-ce cela que nous voulons ? Les Solex et vélos sont-ils concernés ?

Plaques_d_immatriculation_T_l_rama
Les plaques d'immatriculation des voitures vont changer et abandonner
le numéro des départements le 14 avril 2009..
Ce changement semble faire plus d'émoi que la mondialisation, les délocalisations
et le sort de la planète.
Ciel ! personne ne saura d'où je viens et moi, je ne saurai pas où je suis.
Ce changement semble une atteinte à l'identité personnelle.
Il est curieux de constater que cette nostalgie subite s'appuie sur le mot "département"
qui est le symbole même du pouvoir central, bien centralisateur.
Les girondins seraient-ils devenus jacobins ?
"Diviser pour régner" reste toujours la devise à la mode afin d'éviter toute région trop forte.
En fait, ce ne sont pas les plaques d'immatriculation des voitures qu'il faut changer
mais bien abolir les départements et réunir les budgets départementaux et régionaux.
Au lieu de crier contre les gouvernements qui n'en peuvent plus, unissons nos efforts
pour une meilleure visibilité et une grande économie d'échelle.
L'Europe est "régionale", encore faut-il qu'il y ait des régions de taille européenne.
Voyager avec son "numéro" à l'arrière de sa voiture ne fait que dire :
"tiens, celui-ci n'est pas d'ici", c'est donc un étranger.
France Télécom nous a habitués à d'autres numéros que ceux du département
et nous n'avons rien dit. Les opérateurs du téléphone portable ont su, avec sagesse,
se débarrasser de cet encombrant "territoire".
A l'heure de l'Europe, nous avons bien besoin de nous appeler "Français",
alors que le département fleure bon le sous-préfet aux champs.
"Big brother" nous traque allègrement chaque jour, essayons cette liberté d'être
nous-mêmes, sans le regard oblique et soupçonneux.
06 avril 2009
Et les pavillons de complaisance* ?
Le monde international de la finance est vraiment touchant en voulant reconnaître
si vite toutes les erreurs accumulées. (voir le G 20, à Londres).
Avouer ses fautes tous ensemble est plus facile qu’individuellement.
Une très grande erreur collective et internationale vogue allègrement sur la planète :
les « pavillons de complaisance » qui permettent aux armateurs et aux pays de déclarer
les navires ou bon leur semble, y compris dans des pays non maritimes.
Ainsi, les équipages peuvent être disparâtres à souhaits, y compris les langues, les formations,
les salaires, les charges sociales et taxes diverses…
De temps en temps, ce monde « pirate » et non « corsaire » fait son mea culpa lors d’un naufrage
dramatique mais repart de plus belle à la conquête, non du monde, mais du profit.
Ce sont ces mêmes financiers en culotte courte qui poussent la vapeur des machines.
« Wall street » veut bien dire « la rue du mur ». Oui, après avoir voulu foncer dans le mur,
nous sommes en plein dedans. Le mur de l’argent, bien évidemment.
Si le « G 20 » espère remettre la planète en ordre de marche, il convient de vérifier si nos navires
ne vont pas heurter de plein fouet les quais de New York et s’échouer devant le mur
de « Wall street ».
Notre « petite planète », comme nous aimons à dire tendrement, est composée de 80% de mer.
Et si nos pensions à nos marins avant de penser à nos côtes ?
*Pavillons de complaisance » : faculté d’inscrire les navires dans un autre pays que le sien
afin de payer au minimum, salaires, charges sociales et taxes comme au temps des pirates.
Ceci engendre beaucoup de frustrations pour les marins, mais aussi, des billes de bois, des conteneurs,
des dégazages en mer, sans compter les naufrages.
05 avril 2009
Mille milliards de dollars.
C’est la valse à 20 000 temps du « G 20 » mondial qui vient de trouver la malle aux trésors.
Imaginez que tout cet argent était là, sous nos pieds, quelque part à Londres,
et que nous laissions tant de malheureux sur le bord de la route.
La fête fut si rapide qu’il n’a pas été indiqué si ces milliards étaient pour chaque personne
ou pour chaque pays.
Il faudra attendre la suite du feuilleton, l’année prochaine, lors du G 21, pour ouvrir une autre malle.
Chaque pays aura le droit de participer et la plus grande malle sera retenue.
En fait, il faudrait organiser le « G de tous les pays du monde » et là, nous trouverons
beaucoup de fois « mille milliards de dollars ».
En nous y mettant tous ensemble, nous pourrons aussi retrouver les trésors des pirates
qui ne profitent à personne, notamment celui de Rakham le rouge.
Depuis 1929, nous avons fait beaucoup de progrès puisque les dirigeants ne meurent plus
en tombant du haut des immeubles grâce à de merveilleux parachutes dorés sur les bords
et bien argentés sur le dessus.
Maintenant que nous avons pu vérifier l’efficacité de ces parachutes, il convient d’en équiper
chaque habitant de la planète. Les milliards, nous savons maintenant comment les trouver.
Changer de siècle et de millénaire était donc la solution efficace.
01 avril 2009
Délocaliser nos grèves !
Puisque nous savons très bien délocaliser nos usines et nos emplois,
nous devrions être capables de délocaliser nos grèves.
Il suffit pour cela de faire savoir aux heureux travailleurs élus qu’ils sont
sous-payés, exploités, voire méprisés.
Nous avons su créer l’idée : « Prolétaires de tous pays, unissez-vous » !
Pour cela nous avons du créer des révolutions de toutes pièces.
D’un clic d’Internet tout ceci devrait être plus facile.
Organiser des grèves en France sert à vider la mer avec une cuillère.
Avec une louche, ce ne sera pas plus rapide.
Puisque nous avons réussi à voter une loi sur le « service minimum » pendant
les jours de grève, nous pouvons demander le « service maximum » :
les emplois en France et les grèves à l’étranger !
Les grèves ont ceci de merveilleux qu’elles ne concernent que le travail,
même lorsqu’il s’agit de congés.
Travailler mieux pour vivre mieux.
« Prolétaires de tous pays », unissons-nous !
Certaines idées ont la vie dure depuis le fameux « Aimons-nous les uns les autres ».